Assemblée et liturgie : pour une théologie de l'Ecclesia
[…]Le « mouvement liturgique », depuis le début du XXe siècle, a largement participé à la prise de conscience du rôle de l’Assemblée dans la liturgie et, parallèlement, de la liturgie comme acte de toute l’Église, et non seulement de quelques « spécialistes » en elle à qui aurait été dévolu ce rôle. Tentons de retracer l’itinéraire de cette prise de conscience en épinglant quelques articles, dont plusieurs d’A.-G. Martimort, qui fut Doyen de la Faculté de Théologie de Toulouse.
Tout d’abord, le dominicain I.-H. Dalmais, dans son article de 1959 « la liturgie, acte de l’Église », commençait par souligner que la liturgie tendait à se résumer à des « cérémonies » auxquelles le peuple assiste tel un spectateur à un théâtre sacré. Il convenait de revenir au sens d’une « action sacrée », un service de Dieu. Et pourtant, cela ne suffit pas à manifester le caractère essentiel de la liturgie : « Acte dit plus qu’action » :« En ce sens, on pourrait définir la liturgie comme l’Acte de l’Église, car c’est en elle que l’Église réalise la plénitude de son être». Dalmais plaide donc pour reconnaître dans la liturgie non pas une action cultuelle qui resterait extérieure à l’Église mais ce qui réellement l’actue, la fait exister comme Ecclesia.[…]