Faut-il légitimer les temps modernes ?
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Définir la modernité à partir de la sécularité, c’est la considérer comme un défi, c’est-à-dire un rejet et un projet, un commencement et une fin, une affirmation de soi ne résultant d’aucun processus. La transcendance de l’absolu théologique fait place à la conception d’un absolu immanent, à un tournant anthropologique et à la formation d’une rationalité scientifique qui va conduire au triomphe des Lumières. Contester ce caractère séculier de la nouveauté moderne et la réduire à une sécularisation, c’est donc délégitimer les Temps modernes : « Le discours de la "légitimité" de la modernité, écrit Hans Blumenberg, n’est compréhensible que s’il y a une contestation de la modernité ».