L’enfant, l’artiste et l'astronome
Ces deux derniers siècles ont vu apparaître successivement trois conceptions de l’intelligence. D’abord la conception scientifique ou déterministe qui aborde l’intelligence d’une manière quantitative à l’aide de tests, tel le fameux test du Quotient Intellectuel (QI). Ensuite la conception épigénétique qui s’affranchit du déterminisme immanent de l’organisme en mettant en avant la plasticité de l’intelligence. Enfin, avec l’intelligence artificielle (IA) apparaît une troisième approche dans laquelle l’intelligence est assimilée à un ordinateur, c’est-à-dire une machine automatique fonctionnant avec des algorithmes.
Pourquoi cette fascination pour l’IA ? Parce que pour la première fois une machine dépasse l’homme dans ce qui semblait faire sa supériorité : les œuvres propres de la raison.
Ce n’est pas la première fois qu’une technique peut menacer l’humanité entière. Or la menace ne vient pas de la technique elle-même mais de l’usage qu’en fait l’homme. L’homme est-il encore maître de son instrument ? L’intelligence artificielle semble pouvoir s’émanciper de l’homme, dominer son intelligence, voire la remplacer.
Néanmoins peut-on dire que l’IA est véritablement intelligente ? Pour nourrir la réflexion suscitée par cette question, nous mettrons en miroir trois figures de l’intelligence humaine avec ce qu’on appelle l’IA : l’enfant, l’artiste et l’astronome. Elles permettront d’apprécier la distance ou la proximité qui peut exister entre l’intellect humain et l’intelligence artificielle.